lundi 21 mai 2012
Le nouveau ministre des Finances Pierre Moscovici à Berlin pour atténuer les désaccords franco-allemands
Le nouveau ministre français de l’Economie et des Finances voulait avant tout rassurer ceux qui, à Berlin, se poseraient des questions sur l’attachement de la France à la discipline budgétaire, et ce à quelques jours d'une réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne à Bruxelles. Pierre Moscovici a souligné, au terme de sa première rencontre avec son homologue allemand Wolfgang Schäuble, que Paris respecterait ses engagements de réductions des déficits, un sujet central pour Berlin.
Sommet de l'Otan : comment l'Afghanistan se prépare aux retraits des troupes de l'Alliance
Au sommet de l'Otan qui s'achève ce lundi 21 mai à Chicago, l'Alliance a confirmé vouloir « terminer la mission » en Afghanistan à la fin de l'année 2014. François Hollande a réitéré sa position sur le retrait des troupes françaises combattantes dès la fin de l'année. Une décision à contre-courant du reste de la coalition. Et dont se félicitent les talibans.
Avec notre envoyé spécial à Kaboul, Nicolas Ropert
Sur leur site internet officiel, la Voix du Djihad, les talibans ont réagi, ce dimanche 20 mai, au sommet de l'Otan organisé à Chicago. Ils se félicitent de la décision française et incitent les membres de la coalition à retirer, elles aussi, toutes leurs troupes d'Afghanistan.
Ce choix de Paris ne posera pas de problème en Surobi et en Kapisa où sont déployés les militaires français. La sécurité sera assurée par les forces afghanes, assure le porte-parole de l'Otan en Afghanistan, Carsten Jacobson : « Quand la France a commencé sa mission, il n'y avait aucune force afghane en Kapisa. Aujourd'hui, nous sommes à 6 000 soldats et policiers afghans, chargés chaque jour un peu plus du contrôle des zones critiques. Déjà aujourd'hui, plus de 80% des opérations en Kapisa sont (organisées) en partenariat avec les forces afghanes ».
Certains habitants de Kapisa craignent cependant que les violences ne redoublent, une fois les armées françaises parties. Le chef de la police de Kapisa, le général Abdoul Hamid, estime lui que le soutien financier de la France est indispensable : « Nous n'avons pas les mêmes moyens, le même matériel que l'armée française en Afghanistan. Si la France fournit du matériel équivalent pour les Afghans, nous arriverons à sécuriser la Kapisa sans problème ».
La question du financement de la police et de l'armée afghane après 2014 est encore un point qui doit être tranché dans les heures qui viennent à Chicago.
Sur leur site internet officiel, la Voix du Djihad, les talibans ont réagi, ce dimanche 20 mai, au sommet de l'Otan organisé à Chicago. Ils se félicitent de la décision française et incitent les membres de la coalition à retirer, elles aussi, toutes leurs troupes d'Afghanistan.
Ce choix de Paris ne posera pas de problème en Surobi et en Kapisa où sont déployés les militaires français. La sécurité sera assurée par les forces afghanes, assure le porte-parole de l'Otan en Afghanistan, Carsten Jacobson : « Quand la France a commencé sa mission, il n'y avait aucune force afghane en Kapisa. Aujourd'hui, nous sommes à 6 000 soldats et policiers afghans, chargés chaque jour un peu plus du contrôle des zones critiques. Déjà aujourd'hui, plus de 80% des opérations en Kapisa sont (organisées) en partenariat avec les forces afghanes ».
Certains habitants de Kapisa craignent cependant que les violences ne redoublent, une fois les armées françaises parties. Le chef de la police de Kapisa, le général Abdoul Hamid, estime lui que le soutien financier de la France est indispensable : « Nous n'avons pas les mêmes moyens, le même matériel que l'armée française en Afghanistan. Si la France fournit du matériel équivalent pour les Afghans, nous arriverons à sécuriser la Kapisa sans problème ».
La question du financement de la police et de l'armée afghane après 2014 est encore un point qui doit être tranché dans les heures qui viennent à Chicago.
Côte d’Ivoire : le Conseil de sécurité de l’ONU évalue la mission de l’Onuci
Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU est arrivée en Côte d’Ivoire, ce dimanche 20 mai au soir, pour une mission d’évaluation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région. La Côte d'Ivoire est la deuxième étape d'une tournée en Afrique de l'Ouest, après le Libéria. Le Conseil de sécurité de l’ONU entend redéfinir la mission de sa force présente en Côte d’Ivoire, l’Onuci.
L'arrivée de cette délégation de l'ONU intervient plus d’un an après la crise post-électorale qui a plongé la Côte d’Ivoire dans un cycle de violences sans précédent et un an, jour pour jour, après l’investiture du président Alassane Ouattara.
La mission onusienne, qui comprend des représentants des 15 membres du Conseil de sécurité, est co-présidée par les ambassadeurs Kojo Menan (Togo) et Gérard Araud (France). Plusieurs rencontres ont eu lieu ce lundi 21 mai avec notamment le président de la République, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale. Ainsi que l'a souligné, devant la presse, l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud, plusieurs sujets ont été soulevés tels « la justice pour les nombreuses victimes mais aussi la réconciliation nationale qui est indispensable ; la réforme du secteur de la sécurité, c'est-à-dire la création d’une armée, d’une police et d’une gendarmerie sous les ordres des autorités démocratiques mais aussi la démobilisation de tous les miliciens qui portaient des armes ».
Redéfinition de la mission de l’ONUCI
Le Conseil de sécurité de l’ONU entend redéfinir, avec les autorités ivoiriennes, la mission de sa force - près de 10 000 éléments, casques bleus, policiers et employés civils - présente dans le pays. La mission de l’Onuci, actuellement « militaire », va évoluer pour se concentrer sur « des domaines comme la sécurité, la justice, le développement », a poursuivi Gérard Araud devant la presse. Reste toutefois à définir la forme et la durée du nouveau rôle de l’Onuci. La Côte d'Ivoire, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, a souligné l'importance de la mission des membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
La mission onusienne, qui comprend des représentants des 15 membres du Conseil de sécurité, est co-présidée par les ambassadeurs Kojo Menan (Togo) et Gérard Araud (France). Plusieurs rencontres ont eu lieu ce lundi 21 mai avec notamment le président de la République, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale. Ainsi que l'a souligné, devant la presse, l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud, plusieurs sujets ont été soulevés tels « la justice pour les nombreuses victimes mais aussi la réconciliation nationale qui est indispensable ; la réforme du secteur de la sécurité, c'est-à-dire la création d’une armée, d’une police et d’une gendarmerie sous les ordres des autorités démocratiques mais aussi la démobilisation de tous les miliciens qui portaient des armes ».
Redéfinition de la mission de l’ONUCI
Le Conseil de sécurité de l’ONU entend redéfinir, avec les autorités ivoiriennes, la mission de sa force - près de 10 000 éléments, casques bleus, policiers et employés civils - présente dans le pays. La mission de l’Onuci, actuellement « militaire », va évoluer pour se concentrer sur « des domaines comme la sécurité, la justice, le développement », a poursuivi Gérard Araud devant la presse. Reste toutefois à définir la forme et la durée du nouveau rôle de l’Onuci. La Côte d'Ivoire, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, a souligné l'importance de la mission des membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
L'ombre d'al-Qaïda derrière l’attentat meurtrier de Sanaa
Ansar al-Charia a revendiqué être derrière l’attentat qui a touché la capitale yéménite ce lundi 21 mai. Un ou plusieurs kamikazes revêtus de la tenue de l'armée se sont fait exploser au milieu d’une parade de militaires qui répétaient pour la fête en vue du 22ème anniversaire de l’unification du Yémen. Au moins 96 personnes ont été tuées et plusieurs centaines d'autres ont été blessées. Le week-end dernier, Ansar al-Charia avait également avoué être derrière une embuscade contre trois experts américains dans la ville de Hodeida dans l’est du Yémen.^
l'activiste Ferhat Mehenni se rend en Israël
l'activiste Ferhat Mehenni se rend en Israël
Le leader en exil du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) est arrivé ce dimanche 20 mai à Jérusalem. Une visite organisée dans le plus grand secret.
Les dirigeants kabyles opèreraient-ils un rapprochement avec Israël ? D’après une source proche de Jeune Afrique, deux d’entre eux sont arrivés à Jérusalem pour un voyage de cinq jours. Il s’agit de Ferhat Mehenni, 61 ans, et de l'un de ses adjoints, dont l’identité n’est pas connue. Pour éviter de s’attirer les foudres d’Alger, leur visite a été organisée en catimini par Jacques Kupfer, en charge des relations extérieures du Likoud - le parti de Benyamin Netanyahou -, mais réputé proche de l’extrême-droite israélienne. Car Mehenni n’est autre que le leader du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), tenant d’un nationalisme kabyle pur et dur qui vise à la création d'un État souverain.
Nouveaux soutiens politiques
Sous le coup d’un mandat d'arrêt des autorités algériennes, Ferhat Mehenni vit aujourd’hui en exil, d’où il ne cesse de dénoncer l’oppression du pouvoir algérien contre la minorité kabyle, comme il l’a fait à l’ONU, le 26 mai 2009, devant l’instance permanente des peuples autochtones. À Paris, un an plus tard, il proclamait un « Gouvernement provisoire kabyle », l’Anavad, qu’il préside grâce à l’appui de jeunes élites de la diaspora kabyle en Europe et en Amérique du Nord.
Selon ses proches, la visite de Mehenni en Israël vise à drainer de nouveaux soutiens politiques. Mais le leader kabyle aurait des attaches plus profondes à la Terre Sainte puisqu’il appartient aux At Ugshalal, l’une des quatre tribus revendiquant des liens avec le Judaïsme. Proche de l’État hébreu, il s’était néanmoins prononcé l’an passé en faveur de la création d’un État palestinien.
Activisme
L’activisme de Ferhat Mehenni ne date pas d’hier. En avril 1980, il fut l’un des artisans du Printemps berbère de Tizi Ouzou, ce qui lui vaut d’être une première fois arrêté. Cinq ans plus tard, il est à nouveau emprisonné pour son appartenance à la ligue algérienne des droits de l'homme, puis relâché, en 1987, à la faveur d’une grâce présidentielle prononcée par Chadli Bendjedid. Et c'est en lançant le Mouvement culturel berbère (MCB) dans les années 90, qu'il parviendra à faire reconnaître la langue Tamazight.
Les avocats de DSK dénoncent un acharnement des médias et de la justice
médias et de la justice
Après l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "viol en réunion" dans l'affaire du Carlton de Lille, les avocats français de Dominique Strauss-Kahn accusent la justice et les médias de s'acharner contre ce dernier pour obtenir sa perte.
Par Dépêche (texte)
AFP - Les avocats français de Dominique Strauss-Kahn ont accusé lundi justice et médias d'être "mus par une volonté acharnée conduisant à la perte d'un homme", après l'ouverture à Lille d'une enquête préliminaire pour viols en réunion dans le cadre de l'affaire du Carlton.
"Dans cette affaire, on assiste incrédule et scandalisé, à un pas de deux entre les médias et la justice, sans que l'on distingue lequel des deux entraîne l'autre, mais tous deux indubitablement mus par une volonté acharnée conduisant à la perte d'un homme", selon un communiqué conjoint de Mes Frédérique Baulieu, Richard Malka et Henri Leclerc.
A l'issue de l'enquête préliminaire, destinée à vérifier la véracité des faits allégués, le parquet peut décider de classer sans suite, de citer directement devant un tribunal les personnes mises en cause, ou de confier une information judiciaire à un ou des juges d'instruction. Il n'est tenu à aucun délai pour prendre sa décision.
Les faits sur lesquels va enquêter la police judiciaire lilloise se seraient déroulés à Washington en décembre 2010, lors d'une soirée dans la capitale américaine à laquelle participait notamment l'ancien patron du FMI.
Les témoignages de deux prostituées belges sont à l'origine de cette enquête. L'une d'entre elles - qui n'a toutefois pas porté plainte - avait expliqué en décembre aux policiers belges avoir subi lors d'une soirée, le 16 décembre 2010, certains actes sexuels de manière non consentie.
"Cette enquête établira que Dominique Strauss-Kahn n'a jamais commis des faits de violence ni eu quelque relation que ce soit sans le consentement de ses partenaires", ont assuré dans leur communiqué les avocats de DSK.
Ils ont également insisté sur le fait que le parquet n'avait pas décidé de désigner un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire: "Sur des faits portés à sa connaissance par les juges conformément à la procédure, le parquet a décidé que les éléments ne permettaient pas de saisir un juge. Il a donc ouvert une enquête préliminaire confiée à la police".
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A l'issue de l'enquête préliminaire, destinée à vérifier la véracité des faits allégués, le parquet peut décider de classer sans suite, de citer directement devant un tribunal les personnes mises en cause, ou de confier une information judiciaire à un ou des juges d'instruction. Il n'est tenu à aucun délai pour prendre sa décision.
Les faits sur lesquels va enquêter la police judiciaire lilloise se seraient déroulés à Washington en décembre 2010, lors d'une soirée dans la capitale américaine à laquelle participait notamment l'ancien patron du FMI.
Les témoignages de deux prostituées belges sont à l'origine de cette enquête. L'une d'entre elles - qui n'a toutefois pas porté plainte - avait expliqué en décembre aux policiers belges avoir subi lors d'une soirée, le 16 décembre 2010, certains actes sexuels de manière non consentie.
"Cette enquête établira que Dominique Strauss-Kahn n'a jamais commis des faits de violence ni eu quelque relation que ce soit sans le consentement de ses partenaires", ont assuré dans leur communiqué les avocats de DSK.
Ils ont également insisté sur le fait que le parquet n'avait pas décidé de désigner un juge d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire: "Sur des faits portés à sa connaissance par les juges conformément à la procédure, le parquet a décidé que les éléments ne permettaient pas de saisir un juge. Il a donc ouvert une enquête préliminaire confiée à la police".
Violents heurts à Beyrouth entre partisans et opposants au régime syrien
AFP - Des affrontements ont fait deux morts lundi à Beyrouth, au lendemain du meurtre d'un dignitaire sunnite hostile au régime de Damas, et font craindre un débordement de la crise syrienne dans le pays.
Ces incidents ont fait monter d'un cran les inquiétudes dans un pays qui avait connu des affrontements confessionnels ayant fait une centaine de morts en 2008.
Les heurts, qui ont fait également 18 blessées, ont éclaté au petit matin dans le quartier de Tarik el-Jdideh entre un mouvement libanais sympathisant de la révolte syrienne et un autre favorable au régime de Bachar al-Assad.
Ils interviennent à la suite la mort d'un dignitaire sunnite tué dimanche par l'armée dans le nord du Liban, déjà fragilisé par des heurts confessionnels qui ont fait 10 morts ces derniers jours.
La France a condamné les violences et appelé "toutes les parties à rejeter les provocations".
Le calme est revenu le matin, mais la tension était toujours palpable à Tarik el-Jdideh, quartier à majorité sunnite dans l'ouest de Beyrouth.
"J'en ai marre, j'ai vécu plusieurs années de guerre, je ne peux plus rester une minute au Liban", s'exclame Amal Khattab, institutrice, en référence à la guerre civile (1975-1990) et les crises à répétition ces dernières années.
La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et est divisé entre adversaires et partisans d'Assad.
"Le Liban en ébullition après le meurtre d'un cheikh", titre le Daily Star, quotidien anglophone de Beyrouth. "Le Liban entraîné de force dans la tourmente syrienne", estime de son côté le quotidien francophone l'Orient Le Jour.
Les affrontements ont opposé des partisans du mouvement du Futur, à majorité sunnite et mené par Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au pouvoir à Damas, et le Parti du courant arabe, une petite formation également sunnite mais qui est partisane du président syrien.
Le siège du Parti du courant arabe a été complètement incendié et portait des marques de balles, des dizaines de motos ont été brûlés et les vitres de voitures brisées, a constaté l'AFP.
L'opposition libanaise a accusé Damas de vouloir semer le chaos au Liban pour détourner l'attention de la crise en Syrie. Le mouvement du Futur a pointé du doigt "des mercenaires à la solde du régime syrien et de ses alliés au Liban" d'être derrière les troubles à Beyrouth.
La tension est montée d'un cran après la mort de Cheikh Ahmad Abdel Wahed, un sympathisant de la révolte syrienne et d'un cheikh qui l'accompagnait, par des tirs de l'armée.
Selon les services de sécurité, l'armée avait ouvert le feu lorsque leur convoi ne s'est pas arrêté à un barrage dans la région du Akkar (nord), une version contestée par des témoins.
Son corps, enveloppé du drapeau libanais, du drapeau de la révolte syrienne et de celui du mouvement du Futur, a été transporté vers son village d'El-Biré dans le Akkar où des funérailles sont prévues dans l'après-midi.
Plusieurs magasins dans le Nord ont fermé en signe de deuil.
Il y a une volonté de "provoquer des problèmes dans l'intérêt du régime syrien" et "ceux impliqués dans ce meurtre veulent exporter la crise du régime" au Liban, avait estimé M. Hariri dimanche.
Vingt-un militaires, dont trois officiers ont été arrêtés pour interrogatoire, a indiqué à l'AFP une source judiciaire .
Dans les milieux sunnites, des voix se sont élevées pour accuser l'armée libanaise de faire le jeu du régime syrien.
Le Nord a déjà été secoué par une semaine de heurts dans la grande ville de Tripoli entre sunnites hostiles au régime syrien et alaouites partisans du pouvoir à Damas, qui ont fait 10 morts.
A la suite de ces accrochages, les Emirats arabes unis et le Qatar ont appelé leurs citoyens à éviter de se rendre au Liban, suivi lundi du Koweït. L'ambassade des Etats-Unis a également mis en garde ses ressortissants contre la possibilité de violences après la mort du dignitaire.
Ces incidents ont fait monter d'un cran les inquiétudes dans un pays qui avait connu des affrontements confessionnels ayant fait une centaine de morts en 2008.
Les heurts, qui ont fait également 18 blessées, ont éclaté au petit matin dans le quartier de Tarik el-Jdideh entre un mouvement libanais sympathisant de la révolte syrienne et un autre favorable au régime de Bachar al-Assad.
Le calme est revenu le matin, mais la tension était toujours palpable à Tarik el-Jdideh, quartier à majorité sunnite dans l'ouest de Beyrouth.
"J'en ai marre, j'ai vécu plusieurs années de guerre, je ne peux plus rester une minute au Liban", s'exclame Amal Khattab, institutrice, en référence à la guerre civile (1975-1990) et les crises à répétition ces dernières années.
La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et est divisé entre adversaires et partisans d'Assad.
"Le Liban en ébullition après le meurtre d'un cheikh", titre le Daily Star, quotidien anglophone de Beyrouth. "Le Liban entraîné de force dans la tourmente syrienne", estime de son côté le quotidien francophone l'Orient Le Jour.
Les affrontements ont opposé des partisans du mouvement du Futur, à majorité sunnite et mené par Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au pouvoir à Damas, et le Parti du courant arabe, une petite formation également sunnite mais qui est partisane du président syrien.
Le siège du Parti du courant arabe a été complètement incendié et portait des marques de balles, des dizaines de motos ont été brûlés et les vitres de voitures brisées, a constaté l'AFP.
L'opposition libanaise a accusé Damas de vouloir semer le chaos au Liban pour détourner l'attention de la crise en Syrie. Le mouvement du Futur a pointé du doigt "des mercenaires à la solde du régime syrien et de ses alliés au Liban" d'être derrière les troubles à Beyrouth.
La tension est montée d'un cran après la mort de Cheikh Ahmad Abdel Wahed, un sympathisant de la révolte syrienne et d'un cheikh qui l'accompagnait, par des tirs de l'armée.
Selon les services de sécurité, l'armée avait ouvert le feu lorsque leur convoi ne s'est pas arrêté à un barrage dans la région du Akkar (nord), une version contestée par des témoins.
Son corps, enveloppé du drapeau libanais, du drapeau de la révolte syrienne et de celui du mouvement du Futur, a été transporté vers son village d'El-Biré dans le Akkar où des funérailles sont prévues dans l'après-midi.
Plusieurs magasins dans le Nord ont fermé en signe de deuil.
Il y a une volonté de "provoquer des problèmes dans l'intérêt du régime syrien" et "ceux impliqués dans ce meurtre veulent exporter la crise du régime" au Liban, avait estimé M. Hariri dimanche.
Vingt-un militaires, dont trois officiers ont été arrêtés pour interrogatoire, a indiqué à l'AFP une source judiciaire .
Dans les milieux sunnites, des voix se sont élevées pour accuser l'armée libanaise de faire le jeu du régime syrien.
Le Nord a déjà été secoué par une semaine de heurts dans la grande ville de Tripoli entre sunnites hostiles au régime syrien et alaouites partisans du pouvoir à Damas, qui ont fait 10 morts.
A la suite de ces accrochages, les Emirats arabes unis et le Qatar ont appelé leurs citoyens à éviter de se rendre au Liban, suivi lundi du Koweït. L'ambassade des Etats-Unis a également mis en garde ses ressortissants contre la possibilité de violences après la mort du dignitaire.
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